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Le grand gagnant français de l'IA ne fait pas d'IA

Vincent Ryckbosch · 6 octobre 2026

Le grand gagnant français de l'IA ne fait pas d'IA.

Il fabrique des prises électriques.

Legrand. Limoges, les interrupteurs de ta cuisine, les goulottes de ton bureau.

Vendredi, son action a pris 3,4 % après une recommandation d'achat d'Evercore. Les centres de données devraient peser plus de 3 milliards d'euros de son chiffre d'affaires dès cette année (Moneyvox). Le groupe a relevé son objectif de croissance : 6 à 8 % par an jusqu'en 2030, contre 3 à 5 % avant.

Pendant que tout le monde se bat pour savoir qui a le meilleur modèle, celui qui encaisse vend les câbles.

C'est la vieille histoire de la ruée vers l'or. Les chercheurs creusaient. Les vendeurs de pelles rentraient chez eux avec l'or.

Et toi, dans cette histoire, t'es où ?

La plupart des patrons de PME que je croise sont côté acheteur. Une licence Copilot ici, un abonnement ChatGPT là, un module IA ajouté par l'éditeur du CRM. Ça coûte tous les mois. Ça rapporte... on verra.

Acheter, très bien. Le souci, c'est quand ça s'arrête là.

Les boîtes pour qui ça marche ont fait l'inverse. Elles ne se sont pas demandé quel outil acheter. Elles se sont demandé ce que l'IA pouvait les aider à vendre.

Prends une PME du BTP qui répond à des appels d'offres. L'IA lit le cahier des charges de 80 pages, sort les exigences, prépare la trame du mémoire technique à partir des dossiers déjà gagnés. Le chef d'agence ne passe plus son week-end dessus. Il peut répondre à plus d'appels d'offres, et mieux.

Là, l'IA n'est plus une ligne de coût. C'est une ligne de chiffre d'affaires.

Legrand l'a compris à son échelle : il ne fait pas d'IA, il vend grâce à elle. Une PME de 20 personnes peut faire pareil. Il faut juste arrêter de se voir comme un client de l'IA.

Publié initialement sur LinkedIn. Pour parler SaaS IA, automatisations ou audit IA : VRIA Consulting.